Dans quels pays les « compétences douces » (soft skills) ont-elles le plus d’heures d’enseignement ?

Pour préparer les jeunes aux métiers de demain, certains pays repensent complètement leurs programmes scolaires, notamment pour y incorporer des compétences transversales, des attitudes et des valeurs aux côtés des savoirs fondamentaux. C’est le cas de la Corée, où depuis 2015 les programmes sont organisés autour de compétences telles que la créativité, la capacité à résoudre des problèmes, la communication, la coopération ou le respect. On pensait le système éducatif coréen ultra focalisé sur la théorie et les fondamentaux, alors que les compétences y sont enseignées et que les enseignants y sont préparés. D’autres pays, comme le Canada, l’Estonie, la Finlande ou le Japon, accordent également une importance toute particulière aux compétences « douces » (confiance en soi, créativité, intelligence émotionnelle etc.), qu’ils incorporent souvent dans les programmes de manière interdisciplinaire. La France n’en est pas là pour le moment.

Exemple concret : en France, on consacre 59% du temps scolaire du primaire à la compréhension de l’écrit (lecture, expression écrite et littérature) et aux mathématiques, soit la proportion la plus élevée de tous les pays de l’OCDE (Graphique 1). Et malgré cela, la France n’obtient que des résultats moyens aux évaluations internationales PISA, là où la Corée, avec moins d’heures, arrive souvent en tête du classement.

Il est clair qu’en France, l’apprentissage des compétences « douces » est peu valorisé dans les programmes scolaires, alors qu’il guide leur conception dans un nombre grandissant de pays de l’OCDE. Les jeunes qui entrent en France à l’université sont donc en théorie moins bien préparés sur les compétences « douces », alors même que le monde du travail s’y intéresse de plus en plus. Il faut néanmoins reconnaître que, même si les programmes scolaires en France restent largement centrés sur les fondamentaux, une certaine volonté d’aller au-delà émerge. Celle-ci se reflète notamment dans l’inclusion d’un 4ème socle dans les fondamentaux de Jean-Michel Blanquer : le « lire, écrire, compter » est suivi du « respecter autrui ».



Source : Regards sur l’éducation, OCDE 2018.

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